mardi 25 mai 2010

La partie culturelle

Je pensais rester un jour à Madurai, soit y passer deux nuits avant de repartir vers le sud, Finalement une rencontre et la curiosité culturelle me fit rester un jour de plus.

Le premier jour, je m’attelai à la visite du temple Meenakshi de Madurai. Je ne m’attarderai pas trop sur les descriptions culturelles, puisque ce n’est pas mon truc du tout, et que surtout, on peut trouver ça sur internet. D’ailleurs, voila, je vous mache le travail, cliquez là. (Dans Wikipedia, les articles en français ne sont pas toujours bien remplis, parfois les articles en anglais bien plus complets, il suffit de cliquer à gauche sur Langues/english pour avoir l'article équivalent)

C’est un gros temple et on peut s’y perdre parfois. C’est assez joli, mais j’avoue que les vieilles pierres me laissent de marbre, parfois. J’y rencontre à l’intérieur un suisse-allemand de Berne, la quarantaine, qui visite seul pendant trois semaines le sud de l’Inde. J’ai aimé cette rencontre, car pour une fois j’eus de vraies discussions en bon anglais, et ça me manquait un peu, la discussion, le développement de mes idées, l’écoute d’autres idées, l’échange verbal qui va plus loin que les 10 phrases de base.
Ah, voila pour vous faire plaisir une petite bande son lors d'une procession à l'intérieur du temple. Vous pouvez l'écouter en lisant :


Nous passerons l’après-midi ensemble et une partie de la soirée. Franz est un architecte, qui a eu bien tôt la famille rêvée, la petite vie classique. Un boulot qui lui prend du temps, la femme et les enfants qui lui prennent le reste, s’il y en reste. Il n’a jamais vraiment voyagé en dehors de l’Europe, et lorsqu’il se sentit un peu fatigué de son travail et de cette vie sans trêve qu’il mène, il a décidé de venir rendre visite à un ami qui vit à Bangalore. Sa femme n’a pas voulu venir. Il est donc resté une semaine avec son ami, puis s’est offert de voyager deux semaines seul dans les lieux incontournables du sud. Son premier voyage un peu en dehors des clous. Il visite les lieux incontournables de son guide, et essaie de découvrir tant bien que mal la bouffe indienne, la culture. Pas facile en deux semaines, qui plus est quand on n’a pas trop l’habitude de voyager dans un monde bien sauvage, et si différent de la Suisse bien rangée et ordonnée. En fait, je vois qu’il a envie d’aller un peu plus profondément dans la découverte, mais qu’il ne sait pas trop comment s’y prendre, un peu comme moi au début. Alors je décide de l’emmener dans les lieux que les guides ne lui conseillent pas, les petits restaurants de quartier. Je lui montre quels sont les plats d’ici, comment on les mange, comment se servir de sa main pour manger et tous les petits gestes qui me sont maintenant communs. Je prends plaisir à lui monter tout cela, me voyant un peu en lui, comme j’etais deux mois auparavant.
Ce fut alors une rencontre donnant-donnant, sans que ce soit explicite. Il me permettait de renouer un peu avec chez moi, l’Europe, et je lui permettais de connaitre un côté différent de l’Inde et de ses indiens, et aussi un autre regard sur la vie en général. Plus tard dans un e-mail, il m’en remercie en me flattant du compliment suprême : les 24h qu’il a passés avec moi furent les meilleurs moments de ses deux semaines de vadrouille. Je suis content d’avoir pu apporter quelque chose de plus dans son voyage. Et j’ai par ailleurs bien apprécié ces 24 heures aussi.
A part cela, revenons à Madurai, où lorsque l’on s’approche du temple, il y a toujours un type qui vous accoste pour vous emmener dans une des deux boutiques ‘‘sans obligation d’achat’’ qui possèdent un toit d’où on peut savourer une vue sur le complexe hindou. J’ai donc suivi deux types, surtout par amusement, dans chacun de ces établissements. Un troisième à qui je refusai plus tard la proposition, fatigué de monter et descendre les escaliers, me confia que chaque fois qu’il emmène un ‘‘blanc’’ voir la vue depuis le toit, il touche une commission de 10 roupies! Ces mecs sont donc là à traquer du ‘‘blanc’’ afin de se faire un peu de monnaie. Bien joué, mais en saison non touristique malheureusement, il n’y a pas beaucoup de choix, et c’est ainsi que Franz et moi sommes grimpés plusieurs fois sur ces toits pour donner la pièce indirectement à ces personnes. On aurait pu en faire un petit business, partager la commission!
Franz avait pensé louer un taxi le lendemain pour aller sur Trichy et Thanjavur, deux villes du nord, deux gros temples incontournables. Ainsi, au lieu de repartir le lendemain en vélo, je décidai de rester un peu et de l’accompagner dans son taxi. J’ai bien fait, la balade fut plaisante. Visite du temple de Trichy (pour les curieux, cliquez là) où l’on prendra un guide ‘‘gouvernemental’’ (pas de doute que sa carte est fausse) pour le plaisir, qui ne nous apprendra pas beaucoup de choses à retenir, des anecdotes sans importance, et surtout qui connait sa leçon pour plaire aux clients. Il sait ce que les touristes veulent entendre. Alors il le répète toutes les 10 minutes : «Vous voyez? Je ne vous emmène pas dans les magasins et je ne touche pas de commission au passage». C’est bien sûr ce que les touristes ont en horreur, donc il le précise bien, et cela doit satisfaire tout le monde. Il connait aussi des anecdotes sur la France, l’Allemagne, la Suisse, même la Tchéquie (je lui ai dit que j’étais tchèque pour rire). Et il sait les placer, pour montrer qu’il est cultivé, il doit répéter les mêmes à chacun. C’est sarcastique, mais c’est certain qu’il agit comme cela, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Puis on reprend la voiture, une vieille ambassador blanche comme il y en a partout, et pas si inconfortable qu’on me l’avait dit, pour aller visiter le grand temple de Thanjavur (cliquez là) qui n’est pas coloré du tout. Alors il fait plus ancien, c’est peut-être pour cela que j’ai préféré.
Fin de la journée par la visite d’un village qui parait abandonné, avec des grosses baraques de style colonial, possédées par des riches sans doute qui ne sont pas là. Il y a quelques servants qui ‘‘s’occupent’’ des maisons. Mais c’est tout mort, ça fait bizarre, un village sans vie en Inde, vraiment.
Je n’en dis pas plus car j’ai un peu la flemme, à ce stade de continuer sur des banalités de visites touristiques...
Le lendemain c’est le départ et les derniers coups de pédale avant de retrouver la mer! J’ai vraiment hâte.


Hors-sujet : parfois, je suis impressionné par la taille des nichons de leurs déesses :

Voila, c'est tout pour aujourd'hui...

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