Décidément, les préjugés ont la vie dure lorsqu'on voyage! Le seul hollandais qui m’ait pris en stop lors de ces quatre premiers mois de vadrouille, c’était parce que j’avais vraiment insisté, perdu sur une station essence peu fréquentée du trou du cul de l’Allemagne. Et sur 100km, il avait affiché une mine suspicieuse, guettant le moindre de mes gestes, ne parlant pas ou très peu. Pas mieux les dizaines de hollandais bafouillant un catégorique «no!» avant même que je ne leur adresse la parole, ou ces centaines de Volvo break, immatriculées en hollande, dont les conducteurs ne levaient même pas les yeux sur mon pouce levé.
Et ici, sur Crète, voici qu’une troisième paire de hollandais s’arrête pour moi! Super cools, drôles et chaleureux, comme les précédents. Vraiment, j’arrête les préjugés. Ils sont négociants à l’export en hollande d’huile d’olive de Sitia, soi-disant la meilleure au monde. Ils m’apprennent même qu’il y a plus de 18 millions d’oliviers seulement sur le sol crétois! Trente par habitant, c’est plus fort que les moutons en Nouvelle Zélande, et en plus les moutons ne font pas d’huile.
J’arrive alors à Sitia (Σητεία), ville soi-disant la plus ensoleillée, ou la moins arrosée de Grèce. Il n’y pleut presque jamais. Après quatre semaines de soleil en ce pays, les quelques nuages que je vois s’amonceler entre le ciel et moi m’incitent tout de même à prendre mes précautions. Au lieu de dormir sur la plage, je cherche un endroit abrité, et trouve une maison en construction où seuls les murs sont installés. Royal, en plein centre-ville, proche de toutes commodités, je peux même dormir sur le balcon, dont le muret me cache de la rue, et la plage est à trois pas, avec ses douches à l’eau chaude s’il-vous-plait! Devant rester à Sitia trois jours, en attendant le ferry, cela s’est avéré utile : Le lendemain, de violents orages éclatent au-dessus de cette cité et je fus content de passer mes nuits à l’abri.
Le port était vraiment tout petit, et seul un voilier était à quai; ses proprios m’annoncèrent qu’ils restaient là pour l’hiver. Me voilà réduit à attendre le ferry de samedi, et à errer dans les rues de cette ville sans intérêt particulier. Je rencontre un vieux marin, qui me parlait en italien bien qu’il comprenait parfaitement mon anglais, et avec qui je discute un bon moment en regardant l’orage s’éloigner. Il me raconte sa vie de marin dans les sept mers, pourquoi il a quitté l’Italie pour s’installer ici près de son fils et sa bru, et d’autres histoires de vieux. En se promenant, on croise un de ses amis qui galère à vider son petit bateau de l’eau qui l’a envahi. Me voilà parti à écoper avec lui les litres pendant qu’il me raconte je ne sais quoi en grec. Puis ailleurs j’aide des touristes perdus à trouver ce qu’ils cherchent dans les rues de Sitia que je connais maintenant toutes presque par cœur!
Trois jours à ne vraiment pouvoir rien faire, c’est assez long après quatre mois sans beaucoup de répits, mais cela m’a au moins permis de rattraper mon retard sur le blog, et de raconter mes dernières péripéties crétoises!

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