jeudi 3 septembre 2009

Grèce – Crète - Jusqu’à La Canée/Χανιά

Le premier septembre 2009, je repars sur la route, je ne sais pas encore trop vers où. Quelques grecs me prennent en stop dans la partie ouest de l'ile, mais dès que l'on dépasse vers l'est la ville de Chania, ou La Canée en français, ce sont beaucoup de touristes étrangers, qui parcourent les routes dans de petites voitures de location. Ce sont eux qui s'arrêteront principalement pour me ramasser, d’ailleurs. Français, américains, allemands, tchèques, hollandais, anglais tout y passe! Un couple de français me conseillent d'aller à Preveli, une jolie plage au centre-sud, plantée de palmiers. Il s'avèrera que c'est assez perdu, et j'arrive juste à temps pour acheter une cheese-pie à l'unique snack avant qu'il ferme. Cette plage est à huit kilomètres de toute civilisation, on y accède par une petite route qui s'arrête 150m au-dessus d'une falaise où auront été tailles des escaliers. La plage est à l'arrivée de profondes gorges venant du centre montagneux de l'ile. J'y dormirai la nuit, à l'abri du vent derrière un rocher. Un coup de fil de ma mère me relie un peu aux réalités du continent pour un petit moment et je m'endors avec en fond le doux son du ressac, créé par les vagues de la mer de Lybie. Le problème est que le matin, les gens vont à la plage, donc aucune voiture n'en repart! Je marche quelques kilomètres avant que, par chance, quelqu'un passe et puisse m'avancer. Où vais-je maintenant? Je suis la route des touristes tchèques qui m'emmènent. Ils vont à Spili (Σπήλι), village de montagne réputé pour ses fontaines, où je remplis mes gourdes précieuses de bonne eau de source bien fraiche. Là, un café propose en accès gratuit un ordinateur connecté à internet, et je consulte donc mes mails. L'un d'eux, venant d'un américain vivant à La Canée m'invite à y venir faire un tour. En effet, sur un des forums de discutions du site de Couchsurfing, j'avais indiqué que je me trouvais en Crète et que j'étais ouvert à toute proposition de destination. Je me dis alors, pourquoi ne pas faire un petit tour dans cette ville?
Un de mes chauffeurs m'emmène, dans une vieille ruine des années soixante sur quelques kilomètres, avant que, par prudence, je lui fasse croire que je voulais m'arrêter là (au milieu de rien!). En effet, sa voiture devait à tout casser posséder 50% de ses pièces d'origine, et le moteur ne devait pas être en meilleur état. De plus, tous les 50m le volant sortait de ses gonds et le conducteur lui donnait un coup pour qu'il reprenne le contrôle directionnel des roues avant! Parmi d'autres ramassages sans problèmes, le dernier fut aussi intéressant : Un grec me prend dans son fourgon avec je ne sais quoi à livrer à l'arrière. Lorsque des policiers faisant un contrôle inopiné sur la route (vraiment rare!) lui demandent de s'arrêter, le conducteur blanchit et se met en mode "innocent". Je commence à me demander ce qu'il transporte... Les policiers trouvent un problème à la carte grise et commencent à enlever les plaques d'immatriculation pour les garder. Aïe, que va-t-il se passer? Puis finalement ils nous laissent repartir avec quelques papiers, pas de plaques, et sans contrôler la cargaison... Un truc louche comme ça, en France on aurait fouillé un peu plus, mais ici non! Bref, j'arrivai donc à La Canée sans problèmes dans la soirée.

Elijah, le couchsurfeur, ne peut me rejoindre que 2h plus tard. Je commence donc à me promener dans cette ville de 50000 habitant, d'abord sur le vieux port, rempli de touristes qui se font haranguer par les restaurateurs hors de prix (le double minimum qu'ailleurs sur l'ile). Au moins, seul avec mon short sale, mes tongues usées, ma barbe et mes cheveux hirsutes, on évite de me rabattre et me laisse tranquillement observer cette pagaille! Puis dans quelques rues choisies au pif, je me perds et m'étouffe dans le bruit et l'ambiance citadine stressante. Je n'aime pas cette ville, que fais-je ici? Elijah me rejoint alors. Il est américain, sans pour autant en alimenter le cliché que l'on a. Il a voyagé, parle très bien français, apprend le grec et vit ici depuis plus d'un an, appréciant la culture et les plats grecs sur lesquels il ne rajoute jamais de ketchup ou de sauce barbecue. Il aime la ville où il vit et son histoire, et commence à me la raconter tandis que nous arpentons un dédale de ruelles charmantes. Finalement, la ville s'embellit dans mes yeux alors que je commence à en connaitre l'histoire. C'est vraiment et définitivement bien agréable de pouvoir rencontrer ces locaux qui connaissent et aiment leur région. Elijah n'est peut-être pas de La Canée, mais il en connait déjà beaucoup de subtilités, et ses bonnes adresses. Un soir nous nous régalons de souvlakis (brochettes d'agneau grillé) et de poulets au vin blanc, de salade grecque à la fêta et huile d'olive, d'une bouteille de raki offerte spontanément et de raisins frais, tout cela pour vingt euros à deux, dans une de ces adresses que seuls les locaux fréquentent.

Je repartirai finalement avec un bon souvenir de cette ville, mais je ne veux pas trop trainer maintenant. Il est temps de rejoindre l'est de l'ile, et Aghios Nikolaos (Saint-Nicolas), un petit port essentiellement plaisancier. Là, ayant eu contact avec un français qui dix jours auparavant avait fait du bateau-stop avec succès pour se rendre à Rhodes, je comptais en faire de même.

J'avais 230km à parcourir, mais je n'en réalisai que cinquante durant 8h d'autostop sous le soleil, qui furent les pires attentes depuis que j'ai commencé! Mais je dois m'attendre à ces journées-là, c'est le lot de cette manière de voyager, on n'est jamais certain. Parfois ça marche très bien et les rencontres sont agréables, d'autres fois ce sont des galères sans nom. Ça rend l'aventure plus excitante, remplie d'incertitude et donc de nouvelles opportunités. J'arrivai donc à Réthymnon (Ρέθυμνο), grosse ville balnéaire sans intérêt où je me régalai toutefois d'une nuit sur une de ces chaises longues qui envahissent les plages Crétoises, et dont la toile tendue est un bonheur de confort gratuit pour y dormir à la belle étoile!

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