En remontant vers le nord, côte est, nous nous apercevons que l'accueil est plus balnéaire, donc généralement pourri, gens qui font la gueule, mal servis, pièges à cons. C'est cher, pas bon dans les restaus ou gyros (comparé à ce que nous avons eu avant) et ce ne sont que des plages sales bondées de touristes crados et de campings nuls. Au moins, ce qu'il y a de bien est qu'il n'est pas difficile d'aller se prendre une bonne douche (généralement froide) dans un camping côtier, faire sa lessive dans les lavoirs, tout en restant dormir gratuitement dans des coins plus reculés, dans des champs à la température agréable. En Grèce, je l'apprendrai plus tard, le camping sauvage (ou Free camping, c'est-à-dire installer une tente dans un endroit que l'on a pas payé) est officiellement interdit. Si on se fait choper, on risque 350 euros d'amende et 3 mois de prison ferme (ou libération sous caution). Je parlerai plus en détail de cela dans un autre article.
En dehors de cela, le plus intéressante était l'ascension des sommets les plus hauts de Grèce. Ce pays est excessivement montagneux, pourtant bizarrement le sommet le plus élevé, le Mytikas, ne culmine qu'à 2918m (oui je l'accorde c'est déjà pas mal, c'est plus haut que le pic du midi de Bigorre!). La montée commence en voiture directement depuis la côte pour arriver rapidement à 1100m au départ de la randonnée. Ensuite on sort les mollets et on commence à grimper, et sec! L'ascension se fait dans une forêt rappelant les forêts basques, en toutefois bien plus abrupt et légèrement plus rocailleux. C'est très joli et bien agréable de monter sous l'ombre des pins, et nous arrivons au bout de trois heures assez difficiles au refuge intermédiaire de 2100m ou nous passerons la nuit. On avait pris 3 litres d'eau chacun, car on nous avait informé en bas qu'il n'y avait pas d'eau au refuge. Ah bravo! il y en avait et c'était presque un refuge cinq étoiles! Bref nous passons une nuit fraiche en dortoir où le voisin de lit me ronfle presque dans l'oreille, et nous sommes heureux de nous lever à 7h30 pour finir l'ascension. Là, ce sont des rochers et cailloux tout le long, sur une pente encore plus forte. Nous avons choisi de monter sur le mont Skolio, 1912m soit 6 de moins que le Mytikas, mais nous ne le regretterons pas car la vue est magnifique. Elle s'ouvre sur un cirque gigantesque côté est, aux parois verticales impressionnantes, pour finir sur le Mytikas majestueux surplombant la mer Égée (que nous n'apercevons que peu à cause des nuages trop nombreux ce jour-là). En tous cas, c'est une randonnée qui vaut le détour.
Après cela, une descente de quatre ou cinq heures avec son lot de glissades périlleuses (promis je change de baskets pour la prochaine randonnée!) nous ramène au point de départ où nous sommes heureux de tremper nos pieds gonflés dans une eau de montagne glacée.
Ce sont ensuite les derniers jours que nous passons ensemble Mÿtopoulos, Karolikas et moi. La première nuit est agréable et nous sommes réveillés par un berger à sept heures du matin, et ses chèvres qui passent autour de nous avec leurs cloches. Puis un vieux qui se promène s'arrête, lorsque nous replions le campement, pour nous parler cinq minutes, en grec bien sûr, et on n'y pige que dalle, alors on répond en français (pourquoi s'embêter à utiliser de l'anglais qu'il ne comprend pas de toute façon?). Nous rions bien, même sans se comprendre (ces moments sont toujours magiques pour moi), puis il nous propose de l'eau, et comme des cons on refuse poliment puisqu'on en a des litres. Après réflexion, certainement qu'il nous proposait un coup de gnôle, qu'il conserve dans une bouteille d'eau minérale, comme le font aussi parfois nos anciens de France. Ça nous apprendra à être trop polis. Je découvre peu à peu qu'il faut toujours accepter ce que les gens du pays, surtout les anciens, nous proposent, car cela nous mène vers des découvertes fascinantes, ou simplement des moments inoubliables de simplicité. Je redoute tout de même le moment où il deviendra très malpoli de refuser une cigarette ou de tirer sur une pipe a eau...
Côté bouffe, pas top du tout dans ce coin. Merdique même! Un restau nous demande cinquante euros pour trois plats de poissons (seulement grillés sans assaisonnement) et deux bières; franchement, en quantité dans trois plats, il y avait moins à manger que dans une seule parillada du Restaumer (Biscarrosse, Landes!), et je ne parle pas de la qualité!
Le dernier jour, comme nous n'avions rien de particulier à faire, nous avons entamé un "gyrosathon". Le principe, à l'instar du "barathon" qui consiste à boire un verre dans chaque bar d'une ville, était de manger un gyros dans chaque restau. On a abandonné au bout du deuxième! Trop lourd, ca fait tout de même 400g de porc, plus la pita, le tzatziki et le reste...
La dernière nuit se passera dans un champ bien à l'écart de la civilisation, où Karolikas prendra sa douche sous le système d'arrosage automatique du champ. Elle est décidément bien frappée, mais c'est comme cela qu'on rigole bien! Puis au matin, après la demi-pastèque pour le petit déjeuner, commencent les au-revoirdailles. Ils me laissent sur le bord de la route, ce qui parait tout triste, mais j'ai le sourire qui me fend le visage, car mon voyage continue, et car je suis heureux d'avoir fait un bout de chemin avec mes amis (et j'espère qu'il y en aura d'autres).
Je pose mon sac sur le bord de la route, je lève le pouce, je regarde distraitement passer quatre ou cinq véhicules quand un type s'arrête :
-Hello, where are you from?, dit-il.
-From France
-Where are you going?
-Actually, I don't know yet... south?
-We are going to Delphes, 400km south.
-OK, let's go!

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