ENVIRONNEMENT
- Quand on arrive en Grèce, on voit une multitude de panneaux solaires sur les toits des maisons. Ils sont toujours accompagnés d'une grosse bonbonne cylindrique au-dessus, c'est étrange. On pense alors qu'il y a finalement une conscience écologique. Puis je me suis renseigné, et ces bonbonnes sont en fait des réservoirs d'eau, chauffée par l'énergie solaire. Quand j'explique qu'en France ou en Allemagne, ces panneaux solaires servent aussi à alimenter en électricité tous les appareils électriques, cela étonne tout le monde. "On peut donc en faire autre chose que chauffer l'eau?". Finalement, il y a encore du chemin à parcourir (je ne me moque pas, les grecs me le disent eux-mêmes).
- Dans les villes, il n'y a pas de poubelles, ou il est très difficile d'en trouver. Résultat: des tas impressionnants d'ordures dans des petites ruelles et le long des routes. J'ai vu quelques-fois plusieurs petits sacs poubelles éjectés, un par un, par la fenêtre de la voiture qui nous précédait, le long de la route nationale.
- Certains pans de montagne rocailleux et inutilisables sont toutefois semés de panneaux solaires ou éoliennes, sans doute pour satisfaire au minimum les traités européens et avoir une preuve de la bonne utilisation des fonds publics. Il est dommage qu'avec autant de ressources (soleil permanent et vents forts) ces sources d'énergie ne soient pas assez mises à profit et surtout si peu connues du grand public.
POLITIQUE
- Les grecs aiment la politique, et ils en parlent beaucoup. Sans doute une passion conservée dans le peuple depuis l'antiquité : nos démocraties modernes dérivent toutes de celle de l'Athènes antique.
- Tout sujet sensible mène à une critique ouverte du gouvernement. Les incendies seraient pris à la légère, ce qui les rendraient plus catastrophiques, et ce serait en accord avec les compagnies immobilières... Les subsides européens seraient détournés ou mal utilisés, quelques champs en très bon état seraient le "morceau choisi" pour prouver aux inspecteurs que la Grèce fait des efforts... Rien n'est fait correctement pour améliorer les routes, s'il y a encore tant de morts, c'est à cause de l'état criminel qui dépense plus pour que les touristes dépensent plus, au lieu d'essayer de conserver les vies sur la route (mises en péril par l'inconscience des conducteurs eux-mêmes, cela dit). Le pays vit 50 ans en arrière par rapport aux pays du nord-ouest, disent les grecs, avec honte...
Puis on peut essayer de signaler ce chiffre : près de 25% de l'argent rentrant dans les caisses des particuliers n'est pas déclarée au fisc. Irrité, le grec répondra que cet argent est plus utile dans ses poches que dans celles de l'état (censé le redistribuer dans les mesures publiques). Qui fera confiance à l'autre en premier? Faut-il donc toujours avoir recours à la répression?
- Les grecs critiquent tous (en ma présence) le gouvernement en place et les mauvaises mesures de l'état. Et pourtant il a été élu démocratiquement, comme en France. Ou sont ses supporters? A croire que les personnes ouvertes et hospitalières, ramassant les autostoppeurs ou accueillant les voyageurs comme moi, soient les seules à être en désaccord avec les démagogues conservateurs et corrompus, pourchassant l'insécurité qu'ils attisent.
- Du temps des dictatures, il y a une soixantaine d'années, la musique traditionnelle était souvent empreinte de critiques politiques, mais sévèrement réprimandée. Elle était donc jouée dans les sous-sols des tavernes, en cachette. Ces chants résonnent encore maintenant dans les tavernes et sont connus de tous, n'étant plus pourchassés.
LES GRECS ET LES TURCS
- Le ‘‘café turc’’, en Grèce, est un ‘‘café grec’’. L'expresso est lui appelé ‘‘nescafé’’ (rien à voir avec la firme vaudoise). Mieux vaut ne pas commander un café turc, on risque de l'attendre longtemps!
- La Grèce compte douze millions d'habitants, Istanbul en dénombre aussi douze millions. Certains grecs (et parmi eux certains politiciens) voudraient toutefois encore voir Istanbul revenir à l'intérieur des frontières grecques, même après 400 ans aux mains des turcs!
- Constantinople est l'ancien nom d'Istanbul, lorsqu'elle était aux mains des grecs. Quand un grec veut mentionner Istanbul dans une conversation, il le fera ostensiblement toujours de cette manière : "Alors durant ton voyage, tu vas passer par Constantinople... enfin je veux dire Istanbul?" ou "J'ai déjà été deux fois à Constantinople... enfin je veux dire Istanbul, et j'ai beaucoup aimé". etc.
- Les grecs doivent encore supporter dix-huit mois de service militaire. La raison principale : garder une force de dissuasion au cas où la Turquie voudrait envahir de nouveau la Grèce, après cent-cinquante ans d'indépendance.
CULTURE
- Les chapelets, dont j'ai parlé dans un article précèdent, ne sont pas forcement religieux. En effet j'ai appris récemment qu'ils sont surtout utilisés un peu comme destressant, un jeu à manipuler constamment. Il n'y a pas systématiquement une croix, comme je le pensais. Dans les magasins, à la place des rayons chewing-gum ou étals à porte-clés devant les caisses, ce sont des rayons à chapelets aux perles de toutes formes et couleurs. Et ce sont généralement les hommes qui jouent avec, en discutant assis à la terrasse d'un ‘‘cafenion’’ (un café).
- Le café frappé est une institution (au même titre que le café turc.. euh grec, pardon!). Ce n'est pas le même qu'en France. Glacé, mousseux, et très fort, les grecs apprécient énormément (et moi aussi) le déguster pendant des heures, sans regarder les aiguilles tourner sur l'horloge en face du café.
- Au Mexique, on joue aux dominos dans les cantinas, en Provence à la pétanque à la terrasse, en Grèce au backgammon au cafenion.
- Les grecs se signent de la croix trois fois en passant devant une église. Cependant, quand ils ont la flemme, ou qu'il est trop dangereux de lâcher le volant trop longtemps dans un virage en épingle à cheveux de haute montagne où aura poussé un édifice religieux, ils ne se signeront qu'une seule fois!
- Les grecs sont tout le temps au restau (tavernes). Ils sortent constamment en famille ou amis, pour manger leurs traditionnels souvláki (grillades) ou agneaux au vin, ou lapin... Tout cela accompagné de musique traditionnelle au bouzouki. Les traditions sont loin d'être oubliées, malgré les attaques féroces des "brainless music" et autres R'n'B dans les villes.
SUR LA ROUTE
- Oui, la route, ça fait peur, quand on n'est pas habitué. Il faut un moment d'adaptation!
- Certaines autoroutes sont toutes neuves et ressemblent presque aux nôtres dans le nord de la Grèce. Elles sont toutefois bien rares dans le pays. Sinon, une autoroute officielle en Grèce, c'est une sorte de route nationale avec 2 bandes d'arrêt d'urgence qui l'élargissent (parfois). Règles d'utilisation : on se démerde comme on veut! En règle générale, on peut passer à quatre de front, parfois cinq véhicules (et même six avec des motos, et sans compter les piétons sur le bord). De toute façon, les lignes blanches sont effacées, les zébras servent aussi de voie de circulation, et lorsqu'une sortie autoroutière toute neuve avec tunnel ou pont existe, il reste plus aisé de traverser les lignes blanches centrales!
- A l'examen du code de la route, pour la question : "la voiture de devant double le camion en mordant sur la ligne blanche centrale, tandis qu'en face une voiture est dépassée par un motard sans casque en train de téléphoner :
a/ je ralentis,
b/ je double en troisième file, ça devrait passer, si le type en face n'est pas un touriste et sait donc qu'il faut se pousser un peu,
c/ je dis à l'autostoppeur que j'ai ramassé, que sur cette route l'an dernier il y a eu 60 morts à cause des inconscients de la route, et je double en troisième file."
Le grec a répondu c/
- A l'examen du code de la route, pour la question : "Une voiture s'avance doucement sur la droite à un carrefour où elle a la priorité :
a/ je ralentis,
b/ je klaxonne et je passe à la même vitesse en supposant que le conducteur a entendu,
c/ je klaxonne et je réponds à mon téléphone qui sonne."
Le grec a hésité entre b/ et c/
- C'est effarant le nombre de motocyclistes qui ne portent pas de casque (ou alors ne l'attachent pas, ce qui revient au même). En fait il serait plus rapide de compter ceux qui en ont un correctement attaché. En trois semaines, j'ai dû en voir quatre ou cinq, en comptant le motard étendu mort sur la chaussée. Il n'y a pas de justice parfois...
- Je passe pas mal de temps sur la route et j'en ai vu de belles, je ne peux pas toutes les raconter, mais pour rassurer tout le monde, je dois dire que je suis plus souvent à bord de voitures dont les conducteurs sont prudents et attentifs. Il faut avoir à l'esprit qu'il est plus facile pour moi et intéressant pour vous que je raconte les 3 histoires particulières, que les trente fois où il ne s'est rien passé de particulier... Donc ne t'inquiète pas trop maman, au final je ne risque pas beaucoup plus qu'en France :)
- J'ai déjà parlé des petites églises miniature sur le bord des routes, qui attestent tristement du nombre impressionnant de décès dus à l'insécurité routière (étalé sur un grand nombre d'années toutefois). Cela est tellement une institution, qu'on peut souvent voir aux abords des villes, ces magasins consacrés à la vente de ces églisettes. Il y en a de toutes formes, tailles, prix. Si on y regarde de plus près, ce sont en fait des pompes funèbres spécialisées dans les décès routiers. Brrrrrrr
DIVERS
- A Patra (Péloponnèse), tout à l'intérieur des bus, d'aspect très rustique, est écrit en allemand. Ils ont dû les acheter d'occase en Allemagne et ne se sont pas foulés pour changer les panneaux.
- En Crête, on mange aussi des escargots (Xoxli), souvent prépares frits (Poupouristis)
- Athènes est une sorte de tetris cubique : quand on se retrouve sur la colline centrale, on aperçoit sur des kilomètres alentour, un enchevêtrement d'immeubles et maisons blancs et cubiques, toits plats, sections rectangulaires, plus ou moins hauts. C'est une vue assez étonnante (et quelque peu moche, c'est selon les gouts!). toutefois, le centre historique, autour de l'acropole, conserve un certain charme méditerranéen. Ouf!
- En Grèce, on peut donner un peu de pourboire, mais pas 10% comme dans la plupart des autres pays, et ce n'est pas requis. Le français ne risque donc pas d'être mal vu ici en ce qui concerne le sujet. D'ailleurs, c'est un des seuls pays que je connaisse où les saisonniers préfèrent les français aux autres touristes. Les raisons sont, si je comprends bien, grâce d'une part au fait que les grecs parlent souvent le français, et donc ne sont pas trop irrités quand le français n'utilise pas l'anglais. D'autre part, le touriste français parle plus volontiers avec les grecs, tandis que les autres sont plus méfiants, moins ouverts à la discussion.
- Le "free camping", littéralement et naturellement "camping gratuit/libre", ou traduit en français de manière plus répressive "camping sauvage", c'est le fait d'installer dans un endroit que l'on ne paye pas un toit sous lequel s'abriter pour dormir la nuit, comme une tente par exemple. C'est officiellement interdit en Grèce (comme dans la plupart des pays). Dormir à la belle étoile n'est donc pas du free camping, puisqu'il n'y a pas d'abri, alors c'est normalement autorisé. En Grèce, il y a toutefois certains endroits où le free camping est toléré, mais dès l'instant où un camping ouvre ses portes à côté, on est obligé d'y payer un emplacement, afin de s'y entasser et de ne plus avoir la vue sur la mer et la petite bise matinale de la plage. Le contrevenant risque une amende de trois-cent-cinquante euros et trois mois d'emprisonnement! Moi, je n'ai pas de tente, donc je m'en tape, et si j'en avais une, je l'utiliserais plutôt dans des coins cachés, comme on l'a fait avec Mÿt et Caro, dernièrement. Mais il faut savoir que certains coins particulièrement paradisiaques (comme Elafonissos en Crête) sont constamment fouillés par les flics depuis que des campings s'y sont installés. Dans d'autres endroits, peu fréquentes par les touristes, il sera moins risqué d'installer sa tente pour la nuit, les locaux ne connaissant généralement pas ces lois, ou alors étant surtout amusés par la présence de ces campeurs.
Enfin, on met souvent en avant le fait que le free campeur est un risque pour l'environnement, et que c'est à cause des abus (ordures par exemple) que ceci est interdit. Dans ce cas, il faudrait à mon avis interdire tous les touristes sur toutes les plages ou tous les endroits naturels du monde, car à cause d'abuseurs, c'est-à-dire de la grande majorité des fumeurs, les plages et lieux naturels sont jonchés de mégots. Mais à eux, on ne leur dit rien... Peut-être parce qu'il apportent de l'argent, ils peuvent alors détruire LEUR environnement.
- Je commence à connaître pas mal de mots et verbes utiles en grec. C'est fou comme un tas de mots grecs sont utilisés dans le français et on ne s'en doutait pas. Anemos pour le vent, glyko pour le sucre, gala pour le lait (notre "galaxie" est nommée voie lactée...).
Les français sont appelés Gallos (Gaulois), et les dindes Galos, une erreur avec le double l et on est des dindes! Cela donne certainement une origine aux Gallinacés qui sont les volailles. Serait-ce d'où vient notre mascotte nationale, le coq?
Un politicien grec, dont les gens ici sont très fiers (j'ai oublié le nom), a prononcé un jour en anglais dans une assemblée internationale, un discours dont tous les mots étaient d'origine grecque, ancien ou nouveau. Chapeau!

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