vendredi 28 août 2009

Grèce – Gythio/Γύθειο - Petit coin de paradis au sud de la Grèce

Arrivés un peu avant Gythio, Stavros nous arrête pour une petite étape baignade dans une eau claire et chaude, ça fait du bien par cette journée caniculaire. Puis ce seront trois jours superbes passés avec Stavros et ses amis, qui m'ont convaincu (assez facilement) que Gythio et la péninsule de Mani (aussi appelé Le Magne en français), c'est un petit coin de paradis (ou presque).
La première soirée de musique folklorique avec guitares, bouzoukis, percutions de toutes sortes et chants traditionnels m'indique que ces traditions perdurent chez les grecs de tous âges. Tout le monde connait les chansons, et les chante avec conviction. Souvent ces chants populaires sont nés ils y a une soixantaine d'années dans les soubassements des villes et villages, pour protester contre la dictature, et leurs paroles politiquement incorrectes pour l'époque, étaient sévèrement réprimées.
Le lendemain je passai une soirée du même genre dans une grande baraque, où la vue sur la mer nous donnerait l'envie de rester pour toujours, où chantaient et dansaient une trentaine de personnes de tous horizons. Plats locaux et vin grec à déguster et la soirée était parfaite (à part le vin peut-être.
Mais les journées sont tout aussi fatigantes, entre les visites de petits villages aux maisons en pierres, les baignades sur des plages ou des rochers paradisiaques, les pauses dans les meilleures tavernes du coin, avec folklore garanti des maitres de maison... Viandes, fêta, huile d'olive et tomates... Et clou du séjour, je sais m'exprimer maintenant dans le grec de base "re, malaka, paparia, sta rchidia mou" et autres insanités vulgaires qui facilitent l'intégration!

Stavros et ses amis sont aussi des gens ouverts, un peu à l'écart du conservatisme grec (qui est très lié à la religion), ce qui permet d'avoir un tas de discutions intéressantes et de points de vue objectifs sur leur propre pays.
Une petite ballade la journée dans le port/village balnéaire de Gythio m'emmène à rêver. Je repère un voilier, un seul, et de pavillon francais, autour duquel j'espère voir les propriétaires. J'aurais aimé leur demander s'ils prennent quelqu'un à bord, s'il vont sur des iles, histoire de commencer à apprendre un peu la mer et la voile, rencontrer des personnes passionnées. Je repasse autour plusieurs fois sans jamais voir personne, dommage. Plus loin, je me promène dans des petites ruelles étroites en hauteur, superbes petits appartements en escaliers. Je passe devant l'un d'eux, la porte d'entrée est ouverte, et on peut apercevoir en regardant à travers, le balcon donnant sur la mer, magnifique! Plus loin une grand-mère peine à monter les escaliers avec son cubi de vin. Je lui propose de l'aider jusqu'en haut. Elle me propose de l'eau, et nous nous asseyons sur les marches devant chez elle. Nous parlons pendant vingt minutes, elle en grec, moi en français, ne sachant dire en grec que "ime ghallos" soit "je suis français". Elle a un tas de choses à me raconter et j'imagine l'aventure de sa vie en comprenant un mot ça et là. Ces moments, c'est magique, je le dis!
Je redescends sur le port et arrive vers la limite du village. Devant un stade, deux containers poubelles à moitié remplis (presque les seuls de la ville). Autour, quelques ordures au sol. Mais où donc les gens laissent-ils leurs ordures, puisqu'ils n'ont pas de ramassage organisé? Réponse : sur les bords des routes, dans des endroits qui se sont peu à peu transformés en décharges sauvages. Je fais le tour du stade de la ville, fermé, puis aperçois à travers le portail, en fond un peu cachés, des centaines (oui-oui) de containers à poubelles tous neufs! En discutant avec Stavros ou d'autres grecs, j'apprends que les villes ont la flemme d'organiser le ramassage des déchets (ou détournent les fonds destinés à cela) et de trouver des emplacements pour faire des déchetteries. La théorie serait qu'ils achètent des containers avec les subsides de l'État ou européens, présentent les factures pour montrer leur bonne foi dans l'investissement, et stockent tout cela dans un petit coin pour ne pas avoir à organiser le ramassage des ordures. Sans poubelles municipales et ramassage correct, les gens jettent alors où ils peuvent...
Bref tout n'est pas rose dans un paradis terrestre, mais petit à petit, les grecs prennent conscience qu'ils détruisent leur environnement, et en voyageant à l'étranger, voient qu'un endroit propre est tout de même plus agréable. Mais il y a encore du chemin, et puis il ne faut pas oublier qu'il y a encore une quinzaine d'années, la France était une poubelle aussi, et que maintenant encore, des gens jettent toujours leurs ordures n'importe où sans scrupule, ne serait-ce que leur paquet de cigarettes par la fenêtre de la voiture...
Ne fustigeons pas, rassemblons plutôt nos effort pour éduquer dans le bon sens.

Enfin, dernier samedi du mois d'aout, je quittai, peut-être un peu trop rapidement, cet endroit et ces gens qui avaient tant à offrir, mais c'est bien un de ces lieux où j'aurai plaisir à revenir sans doute un jour!
Minuit, je grimpe à bord du Ferry qui voyagera toute la nuit pour m'emmener à Kastelli-Kissamos , petit port du nord-oust de l'ile de Crête.

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