mercredi 30 juin 2010

The Tamil facts

Quelques trucs et astuces ou simples remarques concernant ce que j’ai pu voir dans le pays tamoul.
Parfois, je peux dire en Inde, mais ce n’ai pas très vrai bien sûr, car je n’ai à présent exploré que le Tamil Nadu, petit état au sud. Alors veuillez faire la correction automatiquement!

Oui et non
C’est vraiment, vraiment compliqué de comprendre le oui et le non ici. Parfois, c’est une danse de la tête, celle-ci oscillant autour d’un axe dans l’alignement du nez. C’est assez mignon et cela veut généralement dire «I come in Peace» autrement dit, la personne qui actionne le mouvement présente les meilleures intentions. Si on répond de la même manière, alors on s’expose sérieusement au risque de passer un bon moment avec cette personne.
Mais certaines fois, le mouvement devient une sorte de «non» à l’européenne. Et là, il faut être attentif : l’oscillation du visage autour d’un axe vertical (le cou) signifie «non» s’il est bref et rapide, strict et droit. Et là où l’on se trompe, c’est quand la personne imprime un presque imperceptible mouvement du menton vers le bas durant l’oscillation. Alors la nuance gestuelle se traduit en un total anti-sens: ceci signifie «Oh oui, je suis tellement d’accord/heureux/partant, oui-oui-oui-oui!» Un oui enthousiaste quoi. Généralement on peut faire la différence car le oui est accompagné d’un sourire, mais pas toujours, alors ça trompe.
Enfin, le oui classique, sans éclat de joie, est un mouvement de côté, comme si on voulait toucher son épaule avec l’oreille. Ça peut ressembler à un non, alors on se fait avoir quand par exemple on veut grimper dans un taxi et que le type nous fait ce signe. On ne sait pas trop si on doit monter ou non.

Sapeudeu?
Le tout premier mot qu’on retiendra, que l’on connaitra en pays tamoul, c’est certainement «sapeudeu», c’est-à-dire «manger». Il est partout dans toutes les bouches et tous les lieux, accompagné du signe de la main qui va vers la bouche, donc on ne peut pas rater sa signification. Alors bien qu’on comprenne facilement de quoi il s’agit, il est employé de manière différente selon les circonstances et on ne s’y retrouve parfois pas bien.
Dans les grandes villes, et les plus petites à caractère touristique, ce geste sera fait à 90% par des mendiants qui demandent la pièce pour manger. Donc en gros, si vous êtes un touriste classique, venu faire la visite classique du pays en suivant votre guide (et c’est votre droit, je fais cela parfois aussi), vous n’aurez pas à vous en faire pour discerner le sens.
Ailleurs, dans les campagnes ou les plus petites villes de provinces, dès que vous rencontrerez quelqu’un, riche, pauvre, vieux, jeune, on vous demandera «Sapeudeu?» Au début, on croit à des mendiants, puis on s’habitue, et le sens s’est inversé : on vous propose à manger! Donc en dehors des routes touristiques, le sens n’est plus «donnez-moi à manger» mais plutôt «avez-vous mangé? Je vous prépare quelque chose à manger avec plaisir».
Puis, au fur et à mesure des rencontres, on se perd de nouveau dans le dédale de sens que peut avoir la question «Sapeudeu?» Car finalement, on m’a posé la question dans tellement de circonstances, que je ne savais pas quoi répondre. Parmi les différents sens possibles: «As-tu mangé?», «Qu’as-tu mangé?», «Que manges-tu en voyageant?», «Veux-tu manger?», «Qu’aimes-tu manger?», «Où manges-tu en général?», «Où as-tu mangé?», «Où vas-tu manger?», «Viens manger!», «Manges-tu des produits indiens?», «As-tu suffisamment mangé?», «En veux-tu plus?»... Et il y en a d’autres. Tout ça avec la même question: «Sapeudeu?» Incroyable!

Les restaurants
On ne trouvera pas un restaurant en pays tamoul, mais on trouvera un «hotel». Et ils servent tous à peu près la même chose, si ce n’est que certains sont «veg» et d’autre «non-veg». Ici, on ne précise pas si on est végétarien. On précise si on est mangeur de viande!

Les hôtels
On ne trouvera pas un hôtel ici (sauf si on a faim), mais une «lodge». Bon à savoir les premières fois qu’on cherche. Car sinon on va nous diriger vers un restaurant. Une lodge est un petit hôtel miteux généralement bon marché, et basique.


L’alphabet
N’essayez tout simplement pas d’apprendre à lire le tamoul, si vous ne songez pas rester trop longtemps ou si ce n’est pas une véritable envie. Vraiment c’est compliqué. En un mois j’arrivais à peu près à lire les lettres arabes de la langue persane. En trois mois ici, je ne reconnais qu’une dizaine de consonnes tamoules. Car chaque consonne a une lettre, plus chaque son lui-même. Il y a peu de logique entre les 247 (oui-oui!) différentes lettres, même si certaines se ressemblent.

Les signes
Quand on dit que les italiens parlent avec les mains, on n’a pas encore connu les tamouls. Ils font des signes sans cesse, des mains et de la tête, et parfois n’ont même pas besoin de mots.

Demander son chemin
Je pense un peu comme dans tous les pays (je me rappelle de Mexico où c’était pareil), il faut demander mille fois son chemin. Puis faire une moyenne. Lorsqu’on avance sur une route, et que l’on doive bifurquer en un point (il y a rarement des panneaux ou alors ils sont en alphabet tamoul), il faut demander tous les 200 à 400m. Et être conscient qu’on devra parfois rebrousser chemin sur des kilomètres!

L’addition
L’addition arrive toujours avant de finir de manger. Peu avant, vous mangez encore dans votre plat, et le serveur vous demande si vous voulez autre chose. A ce point-là, vous répondez non. Et en fait le serveur demandait si votre repas est fini. Alors il emmène l’addition alors qu’il reste encore la moitié du plat à manger. Si vous voulez un thé à la fin, il faut le savoir au milieu du repas la bouche pleine!

La main droite
Manger avec la main : ça pourrait paraitre cochon, mais c’est bien pratique. Bien sûr, c’est possible ici parce que la nourriture est toute mangeable avec la main. Il ne me viendrait pas à l’idée de manger une côte de bœuf aux échalotes avec la main, il faut un couteau et une fourchette. Mais ici, les galettes, on peut les découper avec la main, on trempe dans la sauce avec la main, on mélange le riz et sa sauce avec la main (bien plus efficace d’ailleurs qu’avec des couverts). C’est pratique, et ça ne demande pas de couverts à nettoyer. Bien qu’il faille laver sa main. Mais pourquoi la main, et pas les mains? Parce que la main gauche est réservée pour la sortie, et oui!

Sit down!
On t’offre toujours à t’assoir, quoi que tu fasses, même si tu veux rester debout, ou t’assoir au sol, on ira te chercher une chaise de derrière les fagots. Il y aura une seule chaise disponible dans tout le village, réservée à la vieille handicapée, mais peu importe, ils vont la déloger pour que tu sois le cul sur une chaise, et ils vont rester debout tout autour de toi. C’est gênant tout de même, mais il semble que la position assise sur une chaise soit une marque de grandeur ou quelque chose comme ça. Ou l’art suprême de la bien-séance en hospitalité.

Produits manufacturés
Il y a tellement de sources de pollution possible ici. Peut-être est-il plus facile qu’en France d’utiliser moins d’emballages, toutefois, comme il n’y a aucun système de gestion des déchets, les ordures se voient beaucoup plus, à même les rues et les jardins.
J’essaie alors, même si je ne suis qu’une goutte d’eau dans l’océan, de consommer moins de produits manufacturés. Les trucs frits dans la rue sont très bons, et comme c’est frit il n’y a pas beaucoup de risques sanitaires, même si ça n’a pas l’air très propre. Et puis les stands dans la rue, c’est une bonne occasion de discussion. Et sinon, on peut trouver à manger partout, dans n’importe quel petit village, en allant dans un «hotel», c’est à dire un petit restaurant. Et ils se seront procuré les ingrédients directement chez le producteur, ou avec un intermédiaire, mais il n’y a aucun emballage pour presque tous les produits. Cependant il est possible et de plus en plus, de trouver des super marchés dans les villes. Et d’avoir les mêmes produits, mais avec des emballages. C’est pratique, car sur l’emballage on peut te dire que le produit à l’intérieur est bon pour la santé et que plus tu en mangeras (de ce produit manufacturé-ci) meilleure sera ta santé (et la santé-financière de la compagnie étrangère qui te vend le produit).

Les prix
Il faut toujours demander le prix avant de demander quelque chose que tu vas acheter, dans la rue. Les prix ne sont en général pas écrits, et tu peux être certain qu’à 70% le type en profitera pour te faire payer le double. Le problème est de savoir le vrai prix, au début. On se fait avoir quelques fois puis on sait. Au pire, j’observe ce que les autres payent, quand il y a du monde. Enfin, tous les produits manufacturés (on ne peut pas tous les éviter) comme la bouteille d’eau, le savon, ont un MRP, Maximum Retail Price. C’est-à-dire un prix maximum de vente. Si le vendeur demande plus que ce prix, c’est illégal. Cependant, les mecs abusent parfois et ils ne te lâcheront pas le produit pour moins que ce qu’ils veulent te faire payer.
Et puis, même en demandant le prix tu peux te faire avoir: le cordonnier, on s’accorde sur 15 roupies (fifteen) et à la fin il me dit non, j’ai dit 50 roupies (fifty) car en anglais ça se ressemble. Quand tu ne connais pas vraiment le prix, tu ne sais pas si tu peux faire un scandale ou pas... Plus tard, j’ai appris que 15 roupies était le prix effectivement correct.

Et toi, c’est quoi ta religion?
En Inde, le concept d’athéisme n’est pas compris. C’est tout simplement impensable qu’une personne humaine ne croie pas à une quelconque forme de divinité. Il faut avoir une religion. Un conseil : il faut s’en tenir à sa religion d’origine, celle dont on croit ne rien savoir, mais qui imperceptiblement a façonné la culture dans laquelle nous avons grandi. Pour moi, je suis chrétien catholique. Je crois n’en rien savoir, mais la plupart des valeurs de mon éducation et des lois de ma société sont en fait influencées par cette religion.

Boire de l’eau
En Inde, on ne boit pas au goulot. On lève la bouteille à quelques centimètres au-dessus de la bouche et on fait couler comme une fontaine. Pareil avec un verre d’ailleurs. Dans les restaus, vous verrez les gens boire sans toucher le verre avec les lèvres. De quoi s’en mettre partout au début, je vous l’assure.

Les cool drinks
Les cool drinks sont des boissons rafraichissantes, comme du Coca-Cola ou du Fanta. Moi j’en achète jamais parce que premièrement je n’en ai pas envie, et deuxièmement c’est encore un produit manufacturé dont les bénéfices à la vente iront dans les poches d’investisseurs étrangers déjà riches qui ne se soucient pas d’installer des systèmes de recyclage ou de traitement de leurs déchets en Inde. Mais parfois sur la route on m’offre un cool drinks donc j’accepte (les premières fois: «you, cool-drinks?», «no thank you, I prefer water», «Why?»... en considérant que mon interlocuteur ne sait pas parler anglais, j’ai considéré que d’accepter une boisson gazeuse serait plus facile que de m’expliquer).
Et ceux qui offrent ces cool drinks en me croisant sur la route sont souvent ceux qui n’ont pratiquement rien, des gens pauvres de la campagne, d’un village basique avec seulement une petite boutique où l’on vend du tabac, des bananes, du thé et des cool-drinks. Du coup, c’est classique : il n’y a pas de frigo. Je dois le dire, c’est assez cocasse de boire des cool-drinks, donc boissons rafraichissantes, mais chaudes!

Les tamouls font peur?
Oui, c’est vrai que parfois, lorsqu’on en rencontre certains, ils ne vous inspirent pas confiance : les tamouls, enfin certains d’entre eux, ont les yeux injectés de sang. C’est quelque chose de naturel, finalement je me suis rendu compte, mais d’apparence ça fait un peu peur. Puis beaucoup d’entre eux ont les dents toutes rouges aussi à cause d’un truc qu’ils mâchent, je crois que c’est le Paan, c’est fait avec du tabac, et je crois de la noix de muscade. C’est un peu leur café-clope en même temps. Mais leurs dents deviennent irrémédiablement rouges et ce n’est pas très propre à voir.
Donc on a des tamouls aux yeux et dents rouges. Oui, parfois j’avoue avoir eu tout d’abord un moment de recul à cause de l’apparence. Mais en fait ce ne sont ni des vampires ni des morts-vivants, et derrière les apparences, on tombe souvent sur les plus gentilles personnes du monde!

1 commentaire:

PiotrDzialak a dit…

C'est tout vrai ça. Bien sûr j'ai mangé dans un resto (s'appellé restaurant) et j'ai bu un limca du frigo plusieurs fois, mais c'est qui est écrit dessus c'est exactement comme Tamil Nadu en général.

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