Hier soir, je rentre vers 20h30 dans la petite chambre un peu miteuse de l’hôtel dans lequel je suis arrivé,
dans la ville de Dharmapuri. Comme chaque jour, la sécheresse a étiré ma peau, et la chaleur la fait perler de toutes ses pores. Au moment d’ouvrir ma porte, j’entends au dehors un gros bruit fracassant. Tient, me dis-je, encore un accident ou un des nombreux bruits assommants de la ville. J’entre dans la chambre, un rayon de lumière soudain envahit la pièce, puis le même bruit. Pas de doute, c’est un coup de tonnerre. J’entends de l’autre côté de la fenêtre (sans vitre) quelques gouttes d’eau qui tapotent d’abord, puis frappent, puis s’aplatissent violemment sur le sol. Je me précipite sous le porche de l’hôtel : la pluie vient de se manifester, après des mois sans que le ciel n’en envoie une seule goutte. Pour ma part, cela ne fait que quatre semaines que je n’avais pas gouté à la pluie, c’était en France. Mais quatre semaines ici suffisent pour convoiter la déesse averse et l’accueillir comme une vision miraculeuse. L’eau qui tombe et arrose mes pieds et jambes, que je laisse avec un plaisir non dissimulé se rafraichir lorsque le vent les arrose, est presque froide, 22 à 25 degrés tout au plus. Une eau à cette température-là, en avril, dans le Tamil Nadu, c’est une eau froide, croyez-moi!
Je m’assois sur un banc, un peu à l’abri tout de même, l’averse se transformant en une chute violente, comme si un seau de plusieurs millions de litres avait été renversé d’un seul coup. Maintenant, je regarde tout bêtement ce spectacle, en souriant. C’est beau. Je reste là quelques dizaines de minutes, et je dois même avouer qu’une larme de bonheur a débordé d’un de mes yeux. Ça fait cet effet-là, la pluie, ici, la première pluie, celle qui sauve, celle qui nous fait croire en Dieu, en la providence, ou tout simplement au lendemain. Si ça me fait cet effet-là, j’ose à peine imaginer ce que ressentent les fermiers que j’ai croisés sur mon chemin, en campagne, accablés par la sécheresse et le manque d’eau potable dans les réservoirs.
Au bout d’une heure, la pluie a cessé, je me lève, et je rentre dans ma chambre, rafraichie.
J’ai dormi comme un loir cette nuit!

1 commentaire:
Merci pour la localisation géographique.
Le mousson, la plus belle saison en Inde du sud.
Abhishi
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