Voilà, j’ai passé quatre mois en France, et ses environs.
J’y serais resté un mois, c’aurait été égal. En effet, je n’ai pas réussi beaucoup de choses, et je n’ai fait que me promener en dépensant mon argent. Bien sûr, revoir les amis, la famille, c’était bien, ça revitalise. Mais je pense que j’ai attendu trop longtemps. Au final, je n’ai excellé qu’en procrastination. Je voulais trouver un job d’hiver en arrivant, puis je me suis vite démotivé, pensant d’une part que ce serait bien de n’avoir pas de contrainte à l’autre bout de la France afin d’être sûr de passer Noël à Biscarrosse, dans ma famille, et d’autre part souhaitant plutôt travailler à mi-temps ou temporairement, afin de n’avoir pas d’impératifs, mais c’est vouloir l’argent du beurre. Et petit à petit, j’ai repoussé, janvier a passé à une rapidité époustouflante, quand je décidai, après avoir commencé l’année en Autriche et fait escale en Suisse, d’aller faire un tour en Bretagne, pour mieux remonter sur Paris, pousser jusqu’à Bruxelles, et pourquoi pas la Hollande. Je descendis ensuite tout d’un trait pour aller skier dans les Pyrénées, et je repoussai encore les échéances, trainant mon cul à ne rien faire dans le froid persistant de Biscarrosse-Plage. Ah, j’ai choisi les bons mois pour revenir en Europe, les mois les plus froids depuis des dizaines d’années! En attendant, je me suis rendu compte que j’errai ici sans but, et qu’il fallait vite que je m’en attribue un. Je cherchai alors sur internet un moyen de changer de continent pour le meilleur prix. Et je ne tardai pas à trouver un billet à prix exceptionnel, au départ le 24 mars, pour Mumbai, Inde! Ce fut le hasard qui me mit ce billet sous les yeux, un billet de retour, finalement, vers le lieu où j’avais en quelque sorte échoué. Je l’achetai fissa.
Un mois s’est écoulé, et je n’ai fait que procrastiner de nouveau. En d’agréables moments cependant, à accueillir chez moi des amies suisses ou tchèque. En redécouvrant la ville de Bordeaux, en étant présent pour la fête des 30 ans d’un vieil ami biscarrossais, en allant faire un dernier coucou à mes amis du Beaujolais, des Alpes, de Toulouse et Cahors. Ainsi, j’ai mis à jour et en forme mon blog à la dernière minute, apprenant en quelques nuits blanches comment fonctionne le code html, et galérant pour mettre en place quelque chose de potable. J’avais eu tout le temps d’y penser avant, mais j’ai laissé arriver le dernier moment, comme à l’université, avant les exams (ne sommes-nous pas d’éternels étudiants, a dit un jour Ché-Pakih). La vie ne peut être que nomade pour moi, en tous cas pour l’instant. Si je bouge, je ne risque pas de repousser au lendemain. Je fais plus de choses quand je voyage. Bien sûr, il faudra tout de même que je travaille et me refasse un portefeuille, éprouvé par mes loisirs, surtout le ski et la bonne bouffe. Mais cela j’y songe, et j’ai dans la tête d’atterrir dans l’année en Australie pour vadrouiller de job en job. Mais ceci est une autre histoire, ça a le temps d’arriver.
Ainsi les choses se sont tout de même enchainées. J’avais l’avion depuis Paris-Charles-de-Gaulle ce mercredi 24 mars. Ayant repoussé mes tâches au dernier moment, et voulant aussi par ailleurs passer un peu de temps supplémentaire en bonne compagnie, je décidai de gagner du temps en rejoignant Paris en TGV plutôt qu’en autostop, le mardi, et je trouvai pour cela un billet de train mardi pour un prix raisonnable. Plus le moment arrivait, et plus je stressai, je m’excitai. J’étais nerveux autant pour le frisson du départ vers le presqu’inconnu, que pour la sensation désagréable du doute, celui qui nait quelques temps avant le lancement de votre projet et qui risque de tout ébranler. Marguerite, qui prenait soin de moi de la meilleure des manières lors de mes derniers jours sur sol français, eut alors la bonne idée de m’emmener dans le ‘‘tchaï bar’’ de Bordeaux où l’on sert le thé à la mode indienne. Cela réveilla mes souvenirs, l’odeur n’était pas simplement celle du thé, mais aussi celle de Mumbai, celle de mon contact trop éphémère d’il y a 4 mois avec ce continent lointain. Je fus convaincu, doute dissipé, merci mon aubergine (non, non, je ne débloque pas, enfin pas encore).
La veille du départ en train, la SNCF me fit un joli coup. Elle décida d’annoncer un grève pour le mardi 23 mars, et de rajouter que mon train ne partirait pas. Heureusement, les procédures pour remplacer son billet de train sans frais et au mieux, durant les jours de grève, sont cent fois plus aisées que pour rechercher un billet en temps normal. J’en suis presque venu à penser, qu’ils devraient faire grève tous les jours, ça nous permettrait de trouver un billet plus facilement sur internet!
Bref, au lieu d’arriver à 16h à Paris Montparnasse, j’arrivai à 20h. Je devais rejoindre Massy au sud, où Anna un amie me logerait. C’était sans compter que le RER B était aussi en grève, et j’arrivai bien tard chez mon hôte. Alors bien sûr, comme nous ne nous étions pas vus depuis des années, nous avons veillé. Et le lendemain matin, je devais me lever à 4h30 afin d’arriver à 7h à l’aéroport par le RER B qui traverse Paris. Je ne me réveillai pas! Les grèves ont bon dos, si je m’y mets aussi! L’avion devait décoller à 8h55, mais je tentai tout de même le coup, mais ce fut trop tard...
Y a-t-il un signe? Une interprétation? Je devrais rester? Je ne prefère pas me poser la question trop longtemps. J’appelle la compagnie, Kuwait Airways, qui me répondit avec une politesse et une amabilité étonnante, pour un bureau basé à Paris. On me dit de me présenter ce jour à l’agence, de payer un sus de 33€ (à quoi ça sert de chercher les billets les moins chers si c’est pour les payer plus!), et on me réservait une place qui restait sur le vol de vendredi.
Voilà, les choses se réglèrent en un instant, avec seulement un délai supplémentaire de deux jours. Et je souligne que les employés du bureau de Kuwait Airways à Paris Alma sont d’une gentillesse époustouflante pour des travailleurs parisiens. Vraiment, je ne m’attendais pas à avoir ce contact si amical (surtout en connaissant les déboires que j’ai déjà eus auparavant avec Air France). Je recommande.
Jeudi passa, je décidai de prendre le RER du soir, et de dormir à l’aéroport, parce que l’employé de la compagnie m’avait indiqué que de nombreux passagers ratent leur avion quand ils prennent le RER pour un horaire de départ si matinal. Sur internet, la RATP indiquait que le RER de 22h45 allait à l’aéroport. J’eus une frayeur quand je m’aperçus que tous les horaires et les noms des trains étaient différents à la gare. Et mon train s’arrêtait une trentaine de kilomètres avant l’aéroport. Finalement, les petits filous avaient remplacé la fin du trajet par un bus, sans prévenir sur leur site internet. Je m’allongeai dans le Terminal 1 de Charles-de-Gaulle, mais ne m’endormis pas. Non, je ne voulais vraiment pas rater l’avion cette fois-ci. Six heures, enregistrement, 8h15, embarquement, 9h, décollage.
L’avion fait une escale temporaire à Rome, puis se dirige vers Kuwait. Il survole la Grèce et ses monts encore enneigés. Il contourne par le nord la chaine de l’Olympe tout enneigée et ses crêtes escarpées que j’avais piétinées seulement sept mois auparavant aux beaux jours. Les souvenirs de voyage me revinrent, je m’endormis. Changement d’avion à Kuwait, pour me diriger sur Mumbai. C’est bien marrant, j’ai passé deux heures dans un petit hall de cet aéroport international, et je me suis assis à contempler la facilité avec laquelle on peut voyager n’importe comment. Des gens passaient les services de doine sans faire vérifier tous leurs passeports. Au passage du sac et des effets personnels dans la machine à rayons X, le type ne regarde même pas, vraiment, les sacs passent et il discute avec les gardes débraillés, dos à l’écran de contrôle. Avant d’embarquer, le passage de la porte de l’avion est à peine surveillé, et pour faire vite, on ne contrôle (visuellement) que la validité du billet d’avion. En fait, en passant à Kuweit Airport, je n’ai pas sorti mon passeport de ma poche! Et dire qu’on vous demande d’arriver à Charles-de-Gaulle trois heures à l’avance pour contrôler 3 fois votre passeport et vos bagages à main, vous palper le corps jusqu’à l’intérieur du nombril, faire la queue 4 ou 5 fois pour diverses raisons... Il faut dire que l’avion en partant de la France possède à bord des français en nombre suffisant, alors que l’avion de Kuwait à Mumbai n’avait que des travailleurs indiens et un barbu. On ne considère pas la sécurité de la même manière, faut comprendre!
Dans l’avion, j’étais assis à côté d’un vieil indien musulman, qui m’a raconté un tas choses sur sa vie et sa famille, que je ne peux pas vous raconter ici. En fait, c’est parce que je n’ai vraiment, mais vraiment rien palpé! Mais on a bien rit pendant deux heures. Hihihi
Et voilà, pour l’arrivée, c’est la même heure que la précédente arrivée, il y a 4 mois et demie, vraiment, même ambiance et tout, je vous renvoie à l’article correspondant!
Et l’aventure recommence!

3 commentaires:
T'as enfin reussi à l'avoir ton avion........ Bien joué....!!!
Bisous et bon vent.
Anna & Alex
Oui je l'ai eu! Et suis bien arrive comme vous voyez! Merci encore pour l'accueil a Paris...
Carnet de voyage: écrivain voilà ce qui serait bien pour en vivre, et, voyager tout à la fois pour le plaisir des paysages, et, des rencontres....!!!!
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