dimanche 2 août 2009

Croatie - Zagreb - Comment arriver en 4h et repartir en une minute

Quinze jours sans avoir de temps à passer sur internet. Je sens que ceux qui n'ont pas eu de vacances en août et sont restés seuls abandonnés dans leur bureau s'impatientent! Je vais tenter de rattraper ce vide alors, aujourd'hui, ayant une connexion et du temps.

Je partis donc de Čatež-ob-Savi, en Slovénie, en autostop toujours. Au bout d'une heure à attendre à une entrée d'autoroute décidément très peu fréquentée, une voiture de police-douanes étant déjà passée une fois s'arrête pour contrôler mes papiers. Ceci étant fait, avec grande courtoisie de leur part, ils me demandent ce que je fais là. Très simplement de l'autostop en direction de Zagreb. Ils me proposent alors de m'avancer jusqu'à la frontière! Décidément très aimables ces policiers slovènes! Je n'ose pas comparer avec ce que je sais du comportement des forces de l'ordre en France généralement. Bien sûr, puisqu'on ne peut pas comparer 80% de mauvaises expériences sur une dizaine avec des gendarmes, et 100% de bonnes expériences avec une seule rencontre en Slovénie... Mais tout de même.

Voila 15km de faits, plus que 13km avant Zagreb, passage de la frontière à pied. Des milliers de voitures passent cette frontière, c'est bondé. J'attends en faisant du stop, ça ne marche pas. Je vais demander dans la file d'attente du péage (après la frontière). Mais on ferme les vitres. Pourtant ma barbe n'est pas encore si longue. Je demande à des voitures garées après le péage. La majorité m'ont dit qu'ils n'avaient pas le temps (bien qu'ils avaient la place) de prendre, qu'ils sont pressés. Oui c'est certain que de perdre une minute pour que je grimpe et une autre minute pour que je descende seulement quelques kilomètres après, ça chamboule tous les plans des vacances! Merci les français à qui j'ai demandé (toujours très gentiment). Au bout de 4 heures et quelques centaines de véhicules plus tard, je décide d'emprunter le portable d'un type de la sécurité qui vient vers moi, pour téléphoner à Vera, la couchsurfeuse qui sera mon hôte à Zagreb. Elle a une voiture, elle est libre, une demi-heure plus tard elle passe me prendre... enfin!

Bon, faux départ en Croatie mais je serai consolé par la suite. Vera était très gentille et a beaucoup d'idées qui se rapprochent des miennes. Elle habite à côté du grand stade ‘‘Zagreb Arena’’ où les handballeurs français ont raflé la coupe du monde aux croates! A priori, c'est un sujet délicat... Son chien Betty m'a sauté dessus quand je suis arrivé dans son appartement, comme si je lui avais manqué! C'est un Dogue de Bordeaux, ses origines ont dû reconnaitre en moi un compatriote. Beaucoup de discutions intéressantes, et je commence à me renseigner sur les histoires (récentes et donc délicates ici) de guerres ethniques et religieuses dans les Balkans, l'ex-Yougoslavie. Vera est très ouverte, mais elle n'a vécu la guerre que par la pauvreté de ses parents, elle n'en a pas connu l'horreur, et peut-être est-ce ainsi qu'elle n'a pas de rancœur particulière envers les serbes et les bosniaques. C'est donc facile de parler avec elle, et elle est consciente de la propagande que font les gouvernements et télévisions de chaque pays balkanique pour alimenter les animosités de voisinage. Ce ne sera pas aussi aisé de parler librement avec d'autres personnes par la suite. 

Par quoi commencer? Ces derniers temps, j'ai eu tellement de sons de cloches. Je ne saurais pas exactement me positionner et je n'en ai aucune envie d'ailleurs, puisqu'il y a tellement de vérités que je ne connais pas et ne connaitrai jamais. Même les croates, serbes ou bosniaques s'y perdent souvent. Mais je peux seulement essayer de dire ce que j'ai compris par rapport aux différentes personnes que j'ai rencontrées. Je vais le faire dans le prochain chapitre.

Deux jours tranquilles à Zagreb et je repars donc, aux portes de la ville, en autostop, un peu appréhension, combien de temps vais-je attendre cette fois? J'ai prévu 7h pour faire Zagreb-Belgrade pour un trajet théorique de 4h30. Vera me conseille d'écrire sur mon panneau "Slavonski Brod", une ville encore en Croatie, à mi-chemin. Certains croates ont encore des séquelles de la guerre dans leurs esprits et le mot Belgrade sur mon panneau ne ferait que les tourmenter un peu plus.
J'arrive au spot d'autostop, je regarde à droite et à gauche pour repérer un endroit où me placer, mon panneau trainant à mes pieds. Je n'ai pas commencé à faire du stop en théorie. Un type dans un fourgon s'arrête, me baragouine en croate des mots et des sons. Je montre mon panneau, il me fait signe de grimper. Je n'ai jamais été pris aussi rapidement! Quel contraste avec l'avant-veille...
Ce type était croate de Bosnie, travaillant à Zagreb, et rentrant voir sa famille près de Sarajevo. Oui ça parait compliqué à première vue, mais il y a encore plus compliqué, patience, je vais expliquer. Il ne parlait que croate et allemand, donc ce fut avec la langue teutonne que nous avons communiqué tout le chemin. Décidément, c'était une bonne idée d'aller en Allemagne et d'apprendre cette langue, elle me sert plus que je n'aurais pensé. On m'avait bien déclaré "mais pourquoi apprends-tu cette langue qu'on ne parle qu'en Allemagne et en Autriche? t'es barjot!". Je répondais que c'était pour le plaisir. J'étais loin de l'affaire : en réalité, cette langue est très utile dans beaucoup d'endroits, comme aux Balkans, longtemps sous le joug allemand ou autrichien, ou en Hongrie, en Slovaquie comme je l'ai vu l'an dernier... Bref, pour en revenir à nos moutons, j'ai été emmené par un type d'une quarantaine d'années, a priori sans trop d'animosité envers les autres ethnies (mais avec un langage basique, je n'ai pas osé aller en profondeur, craignant les incompréhensions fatales), ouvert et très sympathique, qui me paya une bière à la station essence où il me laissait. Je levai ensuite mon panneau portant cette fois ‘‘Belgrade’’ comme inscription, et trois minutes plus tard, malgré le peu de fréquentation du lieu, un serbe m'emmène avec lui, et me déposera pile devant la porte d'entrée de l'immeuble où je devais aller! Durée du voyage : 4h30. Très sympathique, j'entrepris donc d'apprendre sur le chemin, grâce à mon chauffeur, l'alphabet cyrillique de Serbie et sa prononciation. En gros, le serbe et le croate, c'est basiquement la même chose, les mêmes mots, les mêmes sons. Chaque son a une lettre latine en croate, ou une lettre cyrillique en serbe. Certaines lettres latines ont des accents pour faire des sons différents. le cyrillique serbe n'en a pas, ainsi il possède 30 lettres. Six sont les mêmes qu'en croate. Ensuite il faut apprendre, c'est pas facile. Mais c'est un peu comme apprendre les minuscules quand on ne connait que les majuscules. En gros on apprend une autre représentation. Au bout de quelques jours, je pouvais assez bien lire et prononcer, sans pour autant savoir la signification bien sûr, sauf si je la connaissais déjà en croate.

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