samedi 11 juillet 2009

Pologne - Wrocław - Quelques regards sur la Pologne

Je ne suis resté que trois semaines dans ce pays, il serait donc malvenu de faire des conclusions du peu que j'ai vu. Cependant, je peux faire part des quelques observations qui suivent. C'est le fruit de mes observations, et de mes possibles conclusions, mais ça n'engage que moi et mes propres expériences.


En Pologne (en tous cas chez les gens que j'ai rencontrés), on est baptisé par ses parents à la naissance, et on choisit soi-même son deuxième prénom à l'adolescence (et à l'église aussi), en choisissant un nom de saint.

A Varsovie, grâce aux progrès de la publicité de masse, des jeunes et moins jeunes sont payés pour distribuer des tracts. Comme partout, me dira-t-on. Mais ce n'est nulle part comme à Varsovie : A chaque sortie de métro, de magasin, arrêt de tram, coin de rue, ce sont trois ou quatre personnes, distribuant toutes sortes de tracts, qui vous assaillent. Mon amie Gabriela, comme beaucoup d'autres personnes au bon cœur, délestent systématiquement ces gens de leur fardeau à distribuer, sous la bonne intention de les débarrasser plus rapidement de leur travail ingrat. Et les poubelles alentours débordent de papier gâché. C'est selon moi une mode sur laquelle se sont jetés tous les commerçants, tête baissée parce qu'ils auront vu ça a l'étranger. L'horreur de ceci est qu'on est noyé sous tant d'information inutile, et que les vrais prospectus intéressants se retrouvent masqués.

A Cracovie, des gens sont payés par les magasins ou restaurants au centre-ville, pour soutenir un panneau publicitaire dans la rue, qu'il pleuve, qu'il neige, ou qu'il cogne. Étudiants, sans-abris (c'est le comble), vieux ou jeunes, ils restent toute la journée là, avec leur panneau dans la main, à attendre pour certains, à lire un livre pour d'autres, debout et affrontant les éléments naturels parmi lesquels je compte les masses touristiques.

En Pologne, en été, on mange des fruits rouges! Des fraises, des framboises, des myrtilles, des cerises. On a 2 kilos de fraises pour un euro, et en plus elles ont du goût. On utilise tous ces fruits dans les sauces, les vinaigrettes, on fait des milk-shakes, des desserts fruités, ou on les mange comme cela, à la main, dans la rue. Maman, tu serais ravie !
Les fruits et légumes consommés sont encore de saison pour la plupart, ici on sait encore à quelle époque de l'année il faut consommer les produits de la terre, et ceux-ci, provenant des régions environnantes, ont toujours du goût. Très peu viennent d'Espagne, ou de Grèce, et quand bien même, ils ne seraient ni compétitifs ni savoureux.

A Cracovie, dans l'hôpital où j'ai fait un tour, les médecins étaient compétents. Mais les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous. En Pologne, on ne boit pas l'eau du robinet, on achète des bouteilles. Et c'est pareil à l'hôpital. Mais la nuit les magasins de l'hôpital sont fermés. Alors on boit quelle eau? On n'en boit pas. Heureusement une infirmière aimable me céda sa bouteille d'eau pour la nuit.
Les bières de base servies dans les bars en Pologne (pour un euro la pinte), bien que les polonais les trouvent banales, sont de qualité nettement supérieure que celles de base servies en France (pour 3 euros les 25cl).

A Cracovie, j'ai été faire un tour dans un ‘‘bar mleczny’’, c'est un bar à lait, littéralement, mais en fait c'est surtout une sorte de cantine populaire. On y sert des plats et soupes polonais pour un prix très très bas. Comme c'est tout en polonais j'ai pris ce qu'on m'a conseillé, des ‘‘pierogi ruskie’’ (sorte de ravioli polonais, fourré avec du fromage et des patates). Avec une boisson à base de fruits rouges et de babeurre (ou quelque chose du genre). Je me suis assis à la table d'un vieux avec qui nous avons échangé des sourires, faute de pouvoir échanger des mots. Pour un euro j'étais repu. Dans cette cantine, on y croise généralement des étudiants, des jeunes ou des vieux avec peu de ressources, mais aussi toutes classes de personnes. C'est bon marché et convivial. Une sorte de Restaurant Universitaire populaire.

En Pologne, l'ouestisation se fait à la va-vite. De grands centres commerciaux, fierté d'une population qui commence à jouir de sa liberté de consommer, se développent en face de vieux bâtiments abandonnés. Cette population, il y a 20 ans, avait pour seules libertés l'obligation de travailler et d'apprendre à parler le russe qu'ils n'auraient pas l'occasion de pratiquer lors de leurs voyages interdits. Maintenant, ils arpentent les rues, achètent, s'habillent ‘‘à la mode’’, tout en conservant tant bien que mal leurs coutumes et traditions catholiques. Le pays n'est pas fini de construire et réhabiliter, que les temples de la consommation fonctionnent déjà à plein rendement. Et les Polonais en sont fiers, souvent. Comment leur dire « attention! Vous remplacez vos horreurs bétonnées soviétiques par des horreurs aseptisées capitalistes? Vous regretterez votre nouveau paysage dans quelques années » ? Comment leur dire ceci alors qu'ils commencent à jouir d'une liberté de choisir que l'on a en France depuis si longtemps?

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