Voilà, ces derniers jours, depuis que j’ai mon vélo, je me suis un peu égaré. Je me suis enfin trouvé un but,
ce qui n’est pas mal en soi, car je me perdais un peu dans mes envies et mes destinations. Je voulais aller partout à la fois, sans plan réel. Certains me disent qu’ils m’admirent pour ma capacité à rester autant dans le présent, sans plan, sans me soucier de l’avenir tout en retirant le maximum de bénéfices de ce que la providence ou le hasard peuvent m’apporter.
Oui mais, ce n’est pas si facile en fait, ou plutôt, pas si enviable, au bout d’un moment. Je découvre, en tous cas en ce moment, que je me perds à ne pas avoir de but précis. Comme me l’a dit très justement une amie, ‘‘pas de but, pas de motivation’’. Oui, il me faut me motiver pour bouger. Et j’ai envie de bouger. Alors voilà, mon but est maintenant d’aller faire un tour du Tamil Nadu, état du sud-est de l’Inde, en bicyclette.
Mais chassez le naturel, il revient au galop. Plus je suis descendu vers mon point de départ, Pondichéry, plus je me suis trouvé des excuses. Tout d’abord, la chaleur écrasante et humide m’a fait envisager un changement de plans, peut-être devrais-je envisager plus simple, ou autre chose? Quelques coups de pédales sur un vélo loué m’ont ramené à ma motivation, ouf! Puis j’ai rencontré un type qui me proposait de donner des cours de français ou d’anglais à des enfants de la rue que l’on a ramené dans une école. Deux heures par jour. J’ai dit que je pouvais repousser mon départ en vélo, de deux semaines, moitié pour aider et faire quelque chose d’utile, moitié pour repousser tout simplement. En même temps, je suis allé à Auroville, à 10 km de Pondy, chez un habitant couchsurfeur qui a bien voulu m’accueillir. Je suis curieux, depuis un moment, à propos de cette ville.
Mais voilà, je retourne à ce que je fuis : je veux faire trop de choses en même temps. Ce n’est pas compatible. A vouloir faire trop, on ne fait rien.
Donc, après avoir tourné en rond autour de la pudique Auroville qui ne se découvre pas si facilement, et fait des allers retours vers Pondy pour rien car le type de l’orphelinat me posait des plans chaque jour successivement, et m’avait dit pouvoir me loger dans le village, mais ne peut plus finalement, j’ai donc décidé de ne poursuivre que mon but précis, et de ne pas m’égarer. C’est dit, je partirai le plus tôt possible (sachant qu'en plus les températures ne cesseront de grimper jusqu’en juin), en ayant pris soin de faire quelques préparatifs, et de ne me concentrer que sur ces préparatifs.
Maintenant, j’ai mon vélo, depuis quatre jours, et je l’ai donc rodé, sur des routes et des chemins de terre battue. Il va bien, mais après une centaine de kilomètres parcourus, il commence déjà de faire quelques bruits suspects. Des grincements par-ci, des claquements par-là. Certaines parties métalliques ne semblent déjà plus avoir la forme vierge qu’elles avaient au début. Enfin bon, à quoi m’attendais-je pour 50€? Ce sera très bien comme ça. Et si ça pète, c’est la vie!
Au niveau du pédalage, je n’ai guère fait plus de 13km d’un seul coup, 25km en un jour. La première demi-heure, il y a ce petit vent au visage, et peu de transpiration, on se dit que ça va passer sans problèmes, que finalement, ce n’est pas si fatiguant. Puis arrive la transpiration, on ne la voit pas venir, et avec elle la chaleur humide qui reste collée au corps. Ah, si, c’est fatiguant! Le vent rafraîchit un petit peu, parfois, mais dès qu’une légère côte demande un pédalage plus fort (vélo sans vitesses), la vitesse ralentit, il faut pousser un peu plus, et la chaleur monte dans la machine.
Au bout d’une heure, je suis trempé. Je me demandais au début où passaient les trois litres d’eau que je bois chaque jour, n’allant évacuer aux toilettes qu’une ou deux fois par jour, mais c’est bien sûr en transpiration!
J’ai donc maintenant réussi à me procurer la plupart des objets qu’il me faudrait, à force de tours de la ville, de demander à dix personnes qui me renvoient toujours ailleurs, comme une chasse au trésor.
J’ai de la crème solaire, oui il en faudra. Une nouvelle chemise de couleur, pour remplacer mon T-shirt ou ma chemise blancs, et donc sur lesquels on voit bien vite qu’ils sont sales, surtout ici où la poussière est omniprésente. Un foulard pour la tête, contre le soleil. Deux sandows pour attacher solidement mon sac au porte-bagages. Une pompe à vélo, au cas où (je pense bien que je vais crever un bon nombre de fois).
J’ai essayé de me procurer une carte routière de la région, mais il n’y en a qu’une, de marque Eicher qui semble correcte, et bien sûre ils ne l’ont plus dans les magasins. Et chaque jour ils me disent de revenir le lendemain! Aussi, j’ai passé une matinée à faire le tour de la ville à la recherche d’une tente, au cas où je veuille dormir dans la nature entre deux villages. J’ai demandé à plein de gens qui ne semblaient pas comprendre ce que je voulais, qui m’ont renvoyé dans des rues à droite et à gauche, pour m’apercevoir sur la fin que le camping est une notion inconnue en Inde. Il me sera impossible de trouver une tente ici!
Vivement le grand départ, sans doute vendredi 16 avril.

5 commentaires:
Wow, if you really are going to cycle through Tamil Nadu with all this heat and humidity that must be there by now (even when we were there in winter, it was almost unbearable and locals said it is nothing compared to summer...)......then - JE VOUS TIRER MON CHAPEAU (sentence that I once learned in France:-)
K.
Salut !
La carte routière dont je te parlais est de l'édition "Rough Guide Map". Je ne sais pas si tu peux trouver ça ici. C'est une vraie carte au sens où on l'entend ! Et elle est plastifiée et waterproof.
Ici à Bangalore il fait aussi très chaud, mais l'orage toutes les fins d'aprem fait du bien. Ca apporte d'autre pb, comme les inondations ! Particulièrement désagréable avec le scooter !
Bon courage pour la suite. Grosses bises. Fred
Kadri : Haha. Yes it is quite tough. I think I will cycle only in the morning. I leave tomorrow. And yes I am a bit scared about the heat... but, no risk, no fun!
Fred : Ouah si la pluie est deja arrivee a Bangalore, ça me fait peur pour le Kerala dans 50 jours! En tous cas, ici, no rain! Rien, pas une goutte. Les montagnes de l'ouest doivent tout absorber. Et bien, je m'y dirige!
ah désolée!! je viens de voir tes petites phrases sur Auroville!! C'est succint...tant pis!
très sympa cette idée de vélo! Et puis si elle pète,tu trouveras bien quelqu'un pour la bricoler non?
bonne route!!
Laure
Etonnant !!
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