mardi 13 avril 2010

Paradise Beach

À Pondichéry, ancien comptoir des Indes français, j’ai rejoint Alex et Fred avec qui j’ai passé trois jours.
Un peu de confort pendant ce séjour fut, il faut le dire, agréable. Guest-house avec air conditionné, petits restaus à la cuisine européenne, pour reprendre (un peu) pied avec ‘‘chez nous’’, ville calme sur le front de mer. Enfin, calme, relativement à l’Inde.
C’est rigolo, cette ville était française jusqu’au début du siècle dernier, mais a passé aux mains des anglais puis des indiens eux-mêmes à l’indépendance, ou vice versa. Bref, il y a donc un mélange, partout, de français mal orthographié, de traduction en anglais, et de translitération phonétique en tamoul! On ne sait jamais dans quelle rue on est, vu qu’elle peut s’appeler ‘‘Rue de la Cathédrale’’, ‘‘Mission Street’’, ou ‘‘கதீபந்திகே் தண்தல’’. La palme revient à ‘‘Petit Canal Street’’.

A 8km au sud de la ville, parait-il qu’une plage idyllique nous attend. Nous louons alors des vélos, et partons vers ‘‘Paradise Beach’’, la plage du paradis. La ville, en fait d’être calme au centre, s’étend sur des kilomètres, autours des axes de communication, ce qui rend l’échappée moins sauvage que nous nous y étions attendus. Cependant, après un moment, nous traversons un pont au-dessus d’une grande rivière, et bifurquons sur la gauche dans un petit chemin de terre, à travers la forêt de cocotiers. Ah, le calme est revenu, et il est vraiment agréable. Parfois, au milieu de la forêt, quelques cahutes hébergent des gens qui se chargent d’entretenir et de récolter cocos, mangues, et légumes qui poussent autour.


Puis le chemin se termine sur la rivière, et il ne semble pas possible de continuer jusqu’à la plage. Des gens que nous croisons nous indiquent que la paradise beach est accessible en bateau depuis l’autre côté du pont.




Nous grimpons à bord d’un bateau qui emmènera une vingtaine de personnes, trois américains, trois français (nous) et le reste d’indiens. Débarquement avant l’embouchure de la rivière sur une rive jonchée de déchets. Bon, peut-être que la plage, elle, est plus accueillante. Après avoir passé plusieurs panneaux qui nous interdisent de nous éloigner, soi-disant pour notre sécurité, nous arrivons sur cette plage ‘‘paradisiaque’’, qui ressemble à ça :




Voilà donc ce que tout le monde conseille. Un peu à reculons, les américains et moi allons tout de même nous baigner dans la mer, qui n’a pas l’air trop polluée. Pas question de s’éloigner dans un rayon de plus de 50m autour du point central de la plage, ni vers le large, ni sur la plage, des gardes sont là à vous épier, et à utiliser leur sifflet si vous voulez aller découvrir un peu plus loin si c’est plus propre. Les indiens, eux, semblent contents. Je crois que nous avons une idée différente des loisirs et des vacances. Cet endroit est conseillé dans les guides, mais, même si lors de la pleine saison des touristes la plage est peut-être plus propre et nettoyée, je ne conseille pas du tout de s’y rendre. Un peu plus au nord, de l’autre côté de la rivière, cela semblant plus accueillant, mais ça reste à étudier.
 "Pour votre propre securité, n'allez pas plus loin" i.e. à plus de 50m

Bon, je ne critique pas les choses. Je veux dire, si on est en Inde, on doit savoir pourquoi, et on doit être capable d’accepter que c’est sale, sinon il faut aller voyager en Autriche. C’est comme ces allemands dans un café de Pondy, qui renvoient les tasses de thé parce qu’il y a de petites traces dessus...
Bref, je ne m’attendais pas au paradis en allant à Paradise Beach, mais je crois que pas mal de gens qui placent leurs attentes au sommet de leur plaisir doivent être bien déçus en faisant confiance aux guides et autres conseils rapides. Et en tous cas ici, je crois bien qu’il faut être capable de voyager autrement, de regarder de l’autre côté de la simple image. Si l’on veut trouver de belles choses, ce n’est pas simplement en regardant, c’est en observant, ou peut-être même en fermant les yeux.

Sinon, le reste du temps a passé à flâner dans des lieux climatisés, ou dans les rues à goûter à de petites fritures, ou dans un musée à une roupie où sont exposés des vases, des pièces, des cailloux, et des statues avec quatre bras, deux jambes, de gros seins ou de petits zizis.

Et puis, clou du spectacle, j’en ai profité pour me renseigner sur les vélos. J’en voulais un indien, le classique, celui que l’on voit partout. Je l’ai maintenant! Un fabuleux Hercule vert, sans vitesses, avec un petit panier de grand-mère à l’avant, une béquille qui le fait tenir debout tout droit, et un plateau assez large à l’arrière pour poser mon gros sac à dos. Et ceci pour 55€ tout neuf!
Pour un type qui se plait à posséder moins de choses, me voilà affublé d’un bien encombrant appareil, mais j’en suis tellement joyeux!

3 commentaires:

Marie U a dit…

Sympa l'article avec plein de photos pour illustrer! Continue comme ça, ne t'arrête pas ! Moi, j'en redemande ! :)))

régine a dit…

Nous vivons un peu avec toi au travers de tes récits...mais dis-nous si les indiens sont aussi beaux que je crois....je suis admirative à leur teint cuivré...encore quelques photos et je pars te rejoindre et vivre une histoire d'amour avec l'un d'entre eux, cela me changera!!!! bises

toortoth a dit…

Hahaha! Alors pour les indiens, je ne sais pas vraiment dire, mes les indiennes, elles, le sont vraiment très jolies! hihi!

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