Je l'avais lu, mais je ne m'en étais pas trop inquiété : les pires pays pour faire de l'autostop sont l'Espagne, l'Italie et la Croatie.
Je suis donc parti de Cluses à 9h du matin, 50km pour arriver à Chamonix dans la vieille guimbarde d'un guide de haute montagne, 15km sous le mont blanc dans ce tunnel interminable serré dans un vieux fourgon, sans avoir attendu plus de 15 secondes en levant le pouce. À 10h j'étais à Courmayeur, station italienne de l'autre côté de notre grande montagne. Puis a 21h j'arrivais à Milan, 180km plus loin! Un sacré contraste. Un sacré nombre de rigolards me passant devant aussi. Voyant mon pouce levé, ils doivent penser que je leur signifie "hé mec, trop cool ta caisse!" Bref, je préfère en rire et prends mon mal en patience. Quelques personnes sympathiques m'ont emmené, parfois en insistant un peu. La plupart parlaient français. J'ai quand même appris quelques bases au cas où, mais la compréhension de l'italien est vraiment aisée. A Milan, rien de prévu, je ne savais même pas que je m'y arrêterais. J'ai flâné un peu dans les rues du centre, squatté un parc un moment, puis demande conseil a des autochtones pour où dormir. Ils m'ont indiqué un parc un peu plus loin derrière le château. En passant je rencontre des espagnols qui comptent ne pas dormir de la nuit avant de prendre leur avion du matin et se sont installés pour un "botellón" à trois. Ils m'offrent un verre, nous continuons donc à quatre. Tandis qu'autour de minuit, ils souhaitent se diriger vers les bars, je les quitte pour aller dormir car très fatigue du voyage et de la chaleur qui atteint les 38 degrés. Je m'installe donc dans ce grand parc, sur l'herbe, un peu en retrait pour qu'on ne m'embête pas et que l'ombre du matin soit sur moi. En fait, ce ne fut pas aussi simple! Déjà les moustiques, Milan semble envahi par eux, et j'ai eu un mal fou a m'en protéger, luttant pour trouver le bon vêtement qui couvre a la fois mes pieds et mon visage et mes mains. Avec la chaleur, ne même pas penser a s'envelopper dans le sac de couchage! Le pire, c'est que ces satanés moustiques ont la trompe assez longue pour passer a travers les vêtements parfois! Bref je réussis plus ou moins a m'endormir vers 2h du matin. 3h du matin, l'arrosage automatique me chasse fraichement! Vite je retourne sur le chemin, je choisis de sortir de ce parc et d'aller m'installer sur un banc d'une place centrale que j'avais repérée peu avant. Arrivé à la limite, les portes du parc étaient fermées! Enfermé, je me résignai donc à m'installer sur un banc, essayant d'éviter les jets d'eau furtifs. J'ai dormi 2 ou 3h à peu près, quand une voiture de police s'arrête devant moi. J'ouvre a peine les yeux et entends le Carabinieri (gendarme) me lancer "buen dormito?" et rire franchement. Je lui répond ‘‘si-si’’ et retourne dans mon sommeil matinal. Les coureurs du matin (déjà 30 degrés, comment font-ils?) achèvent de me réveiller et je pars a l'assaut des routes avec mon doigt et un panneau "Venezia". Cette première nuit a l'arrache m'a appris pas mal de choses sur les parcs :) Et oui, il faut bien commencer!
Bref je me retrouve avec pas mal de difficultés sur ce qu'il me semble un bon endroit pour poucer. 4h plus tard je me résigne. La chaleur et un léger découragement s'empare de moi. Je reviens au centre ville et opte pour le train jusqu'à Trieste, avant les frontières Croate et Slovène, sur la Mer Adriatique. Au final, c'était pas mal, j'ai rattrape ma nuit dans le train, et j'ai pu m'offrir un bon bain d'eau salée suivi d'une douche publique de bord de mer. Avec cette chaleur et le voyage, ce n'était pas de trop. La nuit à cet endroit fut très agréable. Durant la soirée, j'ai rencontré trois italiens allant en road-trip en Croatie. Ça m'a rappelé quelques souvenirs datant de 4 ans, Pet-Pivo et compagnie! Ils me proposent de m'avancer un peu, bien que leur voiture est assez pleine. J'accepte avec plaisir, enfin des italiens qui n'ont pas peur de prendre un barbu, encombré d'un gros sac à dos, a leur bord! je leur demande donc de me poser juste avant la frontière Slovène, ayant décidé totalement au hasard de me diriger vers Ljubljana (Lubiana en italien et Laybach en français), la capitale. Dans la voiture, leur trip-song était une chanson des ‘‘Buena Vista Social Club’’, dont ils avaient participé à la sécurité d'un concert avant leur départ. Ils me demandent de leur traduire le refrain "Oigame Compay, no deja tu camino pa' coger", ce qui signifie "Écoute-moi collègue, ne quitte pas ton chemin pour aller niquer"! Ils semblent être d'accord et en faire leur philosophie pour leur voyage qui débute. Je me dis que je devrais noter cela dans un coin de ma tête... au cas ou!

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