mercredi 15 juillet 2009

France - Ouroux - Arrivée en fanfare pour manger du cochon

J'ai revu pas mal de gens qui m'ont demandé ce qu'il se passe, pourquoi je rentre? Ça me plait pas? je suis gravement malade? j'en ai déjà marre? je m'ennuie? j'en passe et des meilleures.
Merci à ceux qui s'inquiètent de mon sort, et je voudrais tout d'abord dissiper tout malentendu, sans doute provoqué par de précédents articles mal rédigés de mon blog... Donc, je vais bien! J'ai eu un petit problème médical qui s'est arrangé très vite, et puis en suivant, je me suis dit, tiens, pourquoi pas en faire qu'à ma tête et passer quelques jours en France? Rompre les plans, je sais, beaucoup ont du mal à imaginer, ou à concevoir que cela est possible sans stress et sans regrets. Et pourtant c'est vrai, ça peut se faire, et je le fais, avec désinvolture, sans me faire de soucis, parce que changer son chemin de vie, c'est décider soi-même où aller, même contre les indications qu'on avait choisi auparavant. Le "moi" d'hier, qui avait pris cette décision, n'est définitivement pas le "moi" d'aujourd'hui qui veut se diriger sur une autre voie. Faire confiance à nos choix d'aujourd'hui et éviter de fabriquer de manière définitive la personne que l'on sera demain. C'est mon chemin vers la sérénité, et ce peut l'être pour d'autres, à condition d'en prendre la conscience, ce qui est le plus ardu.
Donc pour en revenir à plus concret, je suis rentré de Pologne en France, de Wroclaw à Mâcon en approximativement 30 heures, pour 1560km! Une bonne dizaine de véhicules. Des jeunes, des vieux, des familles, des couples, des polonais, des allemands, des français, un prêtre... J'ai réussi à faire 670km dans une seule voiture, de Berlin à Karlsruhe et en 4h30 (presque 200km/h de moyenne!), avant d'attendre pendant 6 heures d'une nuit, dans une station essence peu fréquentée. Une nuit blanche derrière, des tas de discutions, une amande de 90 euros pour l'allemand qui avait oublié qu'on ne roule pas à plus de 130km/h en France, quelques galères sur l'autoroute, quelques rencontres avec d'autres autostoppeurs, échanges d'astuces, 300km à l'arrière d'un van avec 3 gamins de 4 ans en furie mais adorables...
Bref j'arrive le lundi 13 juillet à Mâcon où Steph me ramasse, pour qu'on aille gentiment au rendez-vous du Beaujolais, auquel j'assiste déjà depuis 3 ans, la fête du cochon grillé, dans un petit village perdu du Rhône. Grande fête, nuit presque blanche encore, du bon cochon (hhmmmmm j'adore ça!), et des copains, retrouvailles en fête, ce fut une très bonne soirée.
Je restai ensuite à Mâcon pour me reposer, jouer à la pétanque et mettre un joli Fanny aux anciens avec Christophe, le frère de Steph, comme coéquipier... Le 15, reprise de la route, pour aller à Biscarrosse.
Tout autant de plaisir et d'échanges que précédemment, pour arriver en 12 heures à Bordeaux. Là, mon père venait faire le plein de marchandises au marché pour sa poissonnerie, et ça s'est bien goupillé pour que je finisse le reste de la route avec lui dans le camion!
Me voila donc à Biscarrosse-Plage.
Revenu au point de départ? Dans un sens oui. Mais j'ai un tout autre sens à proposer : Biscarrosse-Plage n'était et ne sera jamais mon point de départ ni mon point d'arrivée. C'est plutôt comme un point de passage, au même titre que tous les lieux où j'ai posé mes pieds, voyageant ou habitant. Le Biscarrosse-Plage d'hier et celui d'aujourd'hui sont deux lieux différents, par le temps qui les éloigne. Le temps et la vie qui s'y passe en mon absence. Ce fut le cas pour Toulouse où j'ai habité par deux fois. C'est le cas pour Ouroux et sa fête du cochon grillé, séparée chaque année par 365 jours. Tous les lieux que je traverse sont des points sur mon chemin de vie, qui parfois ont le même nom, mais jamais la même identité temporelle.
Le monde n'est pas petit, le monde est plat. Il y a seulement une infinité de directions à emprunter, et toutes ces directions mènent à rencontrer des gens et des lieux que nous connaissons déjà, mais qui ne sont plus les mêmes. Chaque vie humaine suit son propre sentier sans fin.

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